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La STEP 2050

Pile à combustible microbienne à petite échelle en cours de développement à la HES-SO Valais.


La STEP du futur est-elle amenée à passer d'une station d'épuration à une station de valorisation? Les trois associations ARPEA, GRESE et VSA ont proposé d'apporter quelques éléments de réponse lors d'un séminaire organisé à Fribourg en janvier dernier.

Thierry Ackermann

 

En Suisse comme ailleurs dans le monde, de nouveaux procédés font régulièrement leur apparition en matière d'épuration des eaux usées. L'un des objectifs poursuivis est d'optimiser l'efficacité des ressources, notamment au niveau énergétique. A ce titre, la STEP de demain sera sans doute auto-suffisante et même productrice d'énergie. A cela s'ajoutent la récupération et la valorisation de composés dont les ressources sont limitées tels que le phosphore, dans un souci de gestion durable. Outre les enjeux liés au traitement des micropolluants, la STEP de 2050 offrira de nouvelles perspectives tant au niveau environnemental (limitation des émissions de gaz à effet de serre), énergétique (réutilisation des eaux traitées, production d'énergie ...) qu'urbanistique (architecture des bâtiments, intégration dans le paysage). L'image parfois négative que véhicule la STEP - principalement en raison des nuisances olfactives générées - pourra également s'améliorer de par sa mutation en station de valorisation, au cœur de la ville. Une transformation de leur nom est même envisagée. Parmi les propositions figurent celles de station de récupération des ressources de l'eau (StaRRE) ou centre intégré de régénération des eaux et de valorisation (Cirev). Aujourd'hui on s'efforce de démontrer la faisabilité technique, économique et environnementale de schéma de traitement innovant permettant la concentration du carbone pour maximiser la production de biogaz et donc d'énergie, ainsi que la récupération de nutriments pour l'utilisation d'engrais. Enfin, les stations pourront également permettre une production plus vertueuse de plastique. Certaines bactéries présentes dans les stations permettent en effet la production de biopolymères. De nouveaux procédés sont en cours de développement: STEP sans boues activées, microalgues ou piles à combustibles microbiennes alimentées par des constituants d'eaux usées. Sans oublier un pilotage plus "intelligent" des STEP et une gestion plus intégrée du système d'assainissement global, prenant en compte réseau, station d'épuration et milieu récepteur. En parallèle, le développement de systèmes plus décentralisés et compacts répondant à des besoins de traitement de la pollution à la source ou à l'échelle d'un quartier est également en cours. En conclusion, la STEP 2050 est amenée à devenir une bioraffinerie rentable, et contribuera à équilibrer les comptes de l'eau des collectivités en apportant de nouvelles recettes. Le métier d'exploitant de STEP devra évoluer en conséquence afin de devenir un gestionnaire de StaRRE.

© SVGW/SSIGE 2011
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l’assainissement intérieur des conduites d’eau potable