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FAQ sécheresse

La sécheresse et la canicule ont largement occupé les médias au printemps et à l’été 2026; parallèlement, SVGW a également reçu et répondu à de nombreuses demandes des médias sur ce sujet. Nous avons rassemblé dans cette FAQ les questions et les réponses de SVGW afin d’offrir des repères aux distributeurs et organisations qui reçoivent également des demandes sur le sujet.

Les messages clés selon SVGW:

  • Les raisons pouvant expliquer une pénurie d’eau potable sont diverses et ne sont pas nécessairement liées à la rareté des ressources en eau (eaux souterraines, eaux de source et eaux lacustres). Il convient donc de faire la distinction entre une pénurie réelle des ressources en eau et la saturation des capacités des infrastructures de distribution.
  • Pour faire face aux futures périodes de sécheresse, une gestion suprarégionale de l’eau est nécessaire. Si nous comprenons mieux où, quand et en quelle quantité l’eau est utilisée, il sera possible de mieux planifier et coordonner l’utilisation de l’eau, de réduire les pics de consommation et de définir des priorités en période de sécheresse.
  • SVGW a élaboré un plan directeur sur le thème de la sécheresse. L’association y propose différentes mesures à court, moyen et long terme selon plusieurs axes.
  • Des captages et des sources doivent régulièrement être abandonnés en raison des dépassements de valeurs maximales ou de zones de protection non conformes. Cela met en péril la distribution d’eau potable de la Suisse et sa résilience.

 Situation actuelle et risque de pénurie d’eau

Conséquences de la sécheresse sur l'approvisionnement en eau en Suisse


La sécheresse actuelle a des répercussions sur la production d’eau potable. De nombreuses communes ont lancé des appels à la population pour économiser l’eau. Les raisons sont diverses et ne sont pas nécessairement liées à la rareté des ressources en eau (eaux souterraines, eaux de source ou eaux lacustres) destinées au captage d’eau potable. Il convient donc de faire la distinction entre une pénurie réelle des ressources en eau et la saturation des capacités des infrastructures de distribution.

Les fortes chaleurs peuvent entraîner une augmentation de la consommation d’eau potable et, en particulier, des pics de consommation élevés, liés notamment à l’arrosage des jardins, à la fréquence des douches ou au remplissage des piscines. Cela entraîne dans de nombreuses localités des pics de consommation auxquels les infrastructures de distribution d’eau ne sont pas adaptées, tant au niveau du débit des pompes que de la capacité des conduites et des réservoirs. En raison de la forte demande en eau potable, le réseau de distribution d’eau atteint ses limites de capacité. Dans de telles situations, il peut encore y avoir de l’eau disponible, mais celle-ci ne peut pas être captée, traitée, transportée ou stockée assez rapidement. S’y ajoutent des prélèvements d’eau potable. Les exploitations agricoles utilisent souvent l’eau provenant de cours d’eau pour l’arrosage. Comme le niveau des rivières est très bas, des interdictions de prélèvement sont prononcées à de nombreux endroits. Les exploitations agricoles peuvent alors s’adresser aux distributeurs d’eau et demander à prélever de l’eau potable à des fins d’irrigation. Comme les distributeurs ne peuvent pas répondre à un besoin en eau potable aussi élevé, ils appellent la population à économiser de l’eau.

Il existe toutefois aussi des communes où les ressources en eau destinées au captage d’eau potable se raréfient effectivement. C’est souvent le cas dans des régions périphériques qui dépendent exclusivement de l’eau de source. En raison de la sécheresse et du manque de réserves de neige dans les montagnes, le débit de la source – c’est-à-dire la quantité d’eau qui s’écoule de la source – diminue. Les réservoirs aquifères peuvent aussi afficher des niveaux nettement plus bas en cas de sécheresse prolongée. Ceux alimentés majoritairement par les précipitations sont particulièrement sensibles, ce qui peut conduire à des pénuries d’eau potable, en particulier lorsqu’il n’est pas possible de s’approvisionner à l’extérieur, c’est-à-dire auprès d’un réseau de distribution situé à proximité. Les petits distributeurs peu mis en réseau, qui ne disposent que d’une seule ressource en eau, sont particulièrement vulnérables. La situation varie donc considérablement d’une région à l’autre et ne peut être généralisée à l’ensemble de la Suisse.

Nous ne pouvons nous prononcer que sur l’eau potable et non sur la situation hydrique dans son ensemble. En Suisse, 20 % de l’eau potable provient de l’eau des lacs. Les 80 % restants proviennent des eaux souterraines et des sources. Nous ne voyons aucun risque immédiat lié à une pénurie d’eau souterraine, de source ou de lac pour le captage d’eau potable. La Suisse dispose de réservoirs aquifères très abondants et de nombreux lacs.  À l’heure actuelle, il n’y a pas de risque immédiat de pénurie générale d’eau brute à l’échelle nationale. Au niveau local – en particulier dans les régions périphériques qui dépendent exclusivement de l’eau de source alimentée par la fonte des neiges des montagnes –, des pénuries peuvent effectivement survenir en raison d’un manque d’eau brute lors de périodes de sécheresse prononcées. Il s’agit toutefois de phénomènes localisés et non représentatifs de l’ensemble de la Suisse. Le défi ne réside donc pas dans le manque d’eau, mais dans le fait qu’il n’y a pas d’eau potable disponible en quantité suffisante, au bon moment et au bon endroit.

Les appels à la modération lancés à la population et les annonces faisant état d’une pénurie d’eau potable ne sont pas nécessairement liés à un manque d’eau souterraine ou de source disponible pour le captage d’eau potable. Cela peut également s’expliquer par le fait que les infrastructures de distribution d’eau ne sont pas en mesure de répondre à un pic de demande aussi élevé. Particulièrement lorsque les exploitations agricoles s’ajoutent à la demande déjà accrue de la population pour obtenir de l’eau potable destinée à l’irrigation, il se peut que les infrastructures – qu’il s’agisse de la puissance de pompage (ou du débit de la source), des capacités de transport ou encore des réservoirs – ne soient pas suffisantes pour faire face à ce pic de demande.

Selon notre estimation, 10 à 15 % des distributeurs ont émis un appel à la modération ou une interdiction. Cela concerne environ 10 % de la population.

SVGW ne dispose pas d’un aperçu complet, à l’échelle nationale, des plus de 2’500 distributeurs d’eau qui ont émis des appels à la modération ou des interdictions. Les raisons qui motivent ces mesures sont diverses. L’une d’entre elles peut être la pénurie d’eau brute. Les petites sources qui dépendent fortement des précipitations peuvent notamment réagir rapidement à la sécheresse. Les réservoirs aquifères alimentés par les précipitations peuvent aussi afficher des niveaux nettement plus bas en cas de sécheresse prolongée. Une autre raison peut être que les infrastructures ne sont pas conçues pour faire face à des pics de demande aussi élevés que ceux qui surviennent lors des vagues de chaleur. Lorsque, en raison de la forte chaleur, les jardins sont arrosés plus souvent, que l’on se douche davantage, etc., il peut arriver que l’eau vienne à manquer dans le réservoir, en particulier lorsque, en raison d’interdictions de prélèvement dans les eaux de surface, les exploitations agricoles sollicitent un soutirage d’eau potable.

La multiplication des périodes de sécheresse marquées, telles que celles que nous connaissons actuellement, a des répercussions importantes, qui ont également une influence indirecte sur la distribution d’eau potable. Le défi consiste à pouvoir fournir de l’eau potable en quantité suffisante, au bon moment et au bon endroit. Pour y parvenir, chaque distributeur d’eau évalue les besoins futurs dans le cadre de son plan général d’alimentation en eau. Il tient compte de facteurs tels que la croissance démographique, mais aussi des changements climatiques, comme la multiplication des périodes de sécheresse marquées ou des épisodes de fortes pluies, et planifie le développement de ses infrastructures en conséquence. SVGW s’engage depuis longtemps en faveur de la mise en réseau des distributeurs d’eau. La construction de conduites de raccordement entre les différents distributeurs permet aux communes de s’entraider en cas de sécheresse, mais aussi dans les cas d’urgence (contamination de l’eau potable). Selon nos estimations, environ 90 % de tous les distributeurs d’eau en Suisse disposent désormais d’une possibilité d’approvisionnement externe. Néanmoins, pendant les périodes de sécheresse, des pénuries d’eau potable peuvent survenir localement et de manière temporaire, car les infrastructures ne sont pas conçues pour faire face à des pics de demande aussi élevés que ceux observés en cas de forte chaleur.

C’est pourquoi SVGW promeut une gestion de l’eau suprarégionale dépassant les frontières communales et cantonales. Une telle gestion de l’eau englobe non seulement l’utilisation de l’eau potable, mais aussi celle de l’eau dans l’agriculture, l’industrie et la production d’énergie. Si nous comprenons mieux où, quand et en quelle quantité l’eau est utilisée, nous pouvons mieux planifier et coordonner son utilisation, réduire les pics de consommation et définir des priorités en période de sécheresse, par exemple en échelonnant les prélèvements d’eau dans l’agriculture. Le fait que les exploitations n’arrosent pas leurs champs en même temps aide à atténuer les pics de consommation.

La sécheresse prononcée pose surtout problème quant aux eaux de surface. Au niveau local – en particulier dans les communes qui dépendent de l’eau de source –, des pénuries peuvent toutefois survenir en raison d’un manque d’eau brute lors de périodes de sécheresse prononcées.

Les périodes de sécheresse prononcées posent différents défis. Des pénuries graves peuvent survenir localement et de manière temporaire. Dans leur planification, les distributeurs d’eau anticipent les besoins futurs et définissent des mesures permettant d’y répondre, en tenant compte des évolutions climatiques. Ces mesures peuvent aller d’une augmentation des capacités à la construction de conduites d’approvisionnement vers les communes voisines en vue d’un éventuel approvisionnement externe, en passant par la mise en service de nouveaux captages. À nos yeux, ce qu’il faut, c’est une planification suprarégionale de la distribution d’eau qui dépasse les frontières communales et cantonales. Dans le cadre d’une telle planification, l’ensemble des besoins en eau, soit la distribution d’eau potable à l’agriculture, à l’industrie et au secteur énergétique, doit être évalué et mis en regard des ressources disponibles. Une planification suprarégionale permet ensuite de définir des mesures visant à pallier une pénurie d’eau. Elle peut inclure la construction d’infrastructures de rétention (bassins de rétention, mesures prises dans le cadre du concept de territoire-éponge), mais aussi une gestion coordonnée de la consommation (qui peut prélever de l’eau et à quel moment) ou des mesures visant à favoriser une irrigation économe en eau. Actuellement, la Confédération travaille d’ailleurs à l’élaboration d’une stratégie nationale de gestion de l’eau.

En temps normal, les exploitations agricoles puisent dans les eaux de surface pour l’irrigation. Or, en période de sécheresse, cela s’avère impossible dans de nombreuses régions en raison des interdictions de prélèvement. Ces exploitations se tournent alors vers les distributeurs d’eau potable pour obtenir de l’eau destinée à l’irrigation, ce qui a une incidence sur la distribution d’eau potable. Dans de tels cas, l’eau potable peut venir à manquer, car le réseau de distribution n’est pas conçu pour faire face à un surcroît de demande aussi important.

Contrairement aux eaux de surface (lacs et rivières), les eaux souterraines réagissent moins rapidement à la sécheresse. L’évolution de la saisonnalité et de l’intensité des périodes de sécheresse et de pluie a toutefois une incidence sur la recharge des eaux souterraines. Si les quantités de précipitations en Suisse sont restées à peu près stables au fil des ans, elles ne sont toutefois plus réparties de la même manière. Quand il pleut, les précipitations sont intenses. Ces épisodes de fortes pluies font qu’une bonne partie des précipitations va s’écouler directement, sans avoir le temps d’alimenter les eaux souterraines. De plus, en raison des températures élevées, même pendant les mois d’hiver, les précipitations tombent davantage sous forme de pluie que de neige, et ce jusqu’à des altitudes élevées. Par conséquent, en hiver, moins d’eau est stockée dans le manteau neigeux. En Suisse, la neige a jusqu’à présent pu contribuer au bilan hydrique jusqu’en été en tant que réserve. Aujourd’hui, les réserves de neige sont souvent plus faibles après l’hiver et fondent plus tôt, car les températures sont déjà relativement élevées au printemps. Cette évolution de la saisonnalité a pour conséquence que, en été, nous disposons de moins de réserves de neige en montagne, dont l’eau de fonte alimente de nombreuses sources d’eau potable dans les régions de montagne. À moyen terme, si nous ne voyons pas de risque immédiat de pénurie d’eau pour la production d’eau potable, les répercussions sont plus perceptibles pour l’utilisation globale de l’eau, donc aussi dans l’agriculture, l’industrie et la production d’énergie. C’est pourquoi des mesures s’imposent dès à présent pour faire face à ces changements.

 Sécurité de l’approvisionnement, mise en réseau et distribution d’eau

Atténuer les goulots d'étranglement grâce à la mise en réseau, à l'approvisionnement externe et à des conditions-cadres adaptées


D’une manière générale, SVGW soutient la mise en réseau des distributeurs d’eau. À cette fin, de nombreux distributeurs d’eau ont construit ces dernières années des conduites de raccordement vers les communes voisines, ce qui permet aux communes de s’entraider en cas d’urgence (par exemple, en cas de contamination de l’eau potable) ou de pénurie, lorsque l’eau potable vient à manquer. Selon nos estimations, environ 90 % des distributeurs d’eau en Suisse disposent désormais d’une possibilité d’approvisionnement externe, c’est-à-dire d’approvisionnement en eau potable auprès d’un autre distributeur. Cela renforce la résilience de la distribution d’eau potable en Suisse.

La fourchette des coûts varie considérablement et dépend de différents facteurs. Le prix se compose généralement des coûts liés au captage et au traitement de l’eau, des coûts énergétiques des pompes, des coûts d’entretien des installations de transport, des amortissements ainsi que des frais administratifs et frais de mesure. À cela peuvent s’ajouter des coûts liés à la disponibilité de l’approvisionnement, c’est-à-dire la mise à disposition d’eau potable, des intérêts théoriques, des coûts liés aux risques et des réserves appropriées. Aucune marge bénéficiaire librement déterminable n’est prévue.

La condition préalable à un approvisionnement externe est toujours que le fournisseur potentiel dispose lui-même de suffisamment d’eau. Pour garantir cela, l’approvisionnement externe est régi par des contrats. Compter sur son voisin sans base contractuelle ne répond pas aux exigences d’une planification sérieuse de la distribution. En cas d’urgence, c’est une autre histoire: cela ne peut pas être planifié et, bien entendu, les distributeurs s’entraident alors entre eux, même sans contrat.

SVGW s’engage depuis longtemps déjà pour que les distributeurs se mettent en réseau plus efficacement. On estime aujourd’hui que 90 % de tous les distributeurs disposent d’au moins une possibilité d’approvisionnement externe. Toutefois, de tels regroupements ne sont pas possibles partout. Dans les régions de montagne notamment, un regroupement peut s’avérer difficile en raison de la topographie.

D’un point de vue juridique, une augmentation du tarif de l’eau liée au volume consommé, par exemple en cas de sécheresse ou de pénurie d’eau, est possible afin de réguler la consommation d’eau potable. Un tel mécanisme doit toutefois déjà être prévu dans le règlement sur l’eau / barème tarifaire (par exemple, à partir de quand le tarif majoré s’applique-t-il). L’objectif de ces tarifs majorés est de réguler la consommation. En Suisse, nous n’avons connaissance d’aucun distributeur d’eau appliquant un tarif majoré, par exemple pendant les mois d’été. En France, il existe désormais des exemples notables de communes et de grandes villes ayant mis en place une tarification saisonnière de l’eau (Toulouse Métropole, Grasse et Villeneuve-Loubet). En Suisse, de tels modèles font l’objet de discussions ponctuelles. Avec la multiplication des périodes de sécheresse marquée en été, ces discussions devraient s’intensifier. L’eau potable est relativement bon marché en Suisse. Avec un prix moyen de 2,30 CHF par mètre cube d’eau potable (1’000 litres), il faudrait toutefois augmenter considérablement le prix de l’eau (d’un facteur de 5 à 10) pour qu’il ait un effet incitatif. En règle générale, un distributeur ne peut décider à lui seul d’une augmentation aussi conséquente du tarif de l’eau sur la base d’une taxe au volume qui vise à moduler la consommation. Cela nécessiterait un consensus politique et l’accord de la population. De plus, pour qu’une taxe incitative puisse être mise en place, il faut disposer de la technologie de mesure appropriée (par exemple, des compteurs intelligents) afin que cette facturation soit tout simplement possible. À nos yeux, il existe d’autres moyens de faire face à la sécheresse croissante avant d’envisager la mise en place d’une taxe incitative. Parmi ceux-ci figure notamment une gestion suprarégionale de l’eau, au-delà des frontières communales et cantonales, afin de mieux cerner les besoins et les gérer en cas de sécheresse. Une telle gestion de l’eau ne concerne pas seulement la consommation d’eau potable, mais l’utilisation de l’eau en général (irrigation agricole, production d’électricité par l’énergie hydraulique, utilisation industrielle).

 Planification et infrastructures

Planification de l'approvisionnement en eau en prévision des futures périodes de sécheresse et des pics de consommation


Dans leur planification, les distributeurs d’eau anticipent les besoins futurs et définissent des mesures permettant d’y répondre, en tenant compte d’aspects tels que la croissance démographique mais aussi les évolutions climatiques. Ces mesures peuvent aller d’une augmentation des capacités à la construction de conduites d’approvisionnement vers les communes voisines en vue d’un éventuel approvisionnement externe, en passant par la mise en service de nouveaux captages. À nos yeux, ce qu’il faut, c’est une planification suprarégionale de la distribution d’eau qui dépasse les frontières communales et cantonales. La Confédération travaille d’ailleurs déjà à l’élaboration d’une stratégie nationale de gestion de l’eau.

Dans le cadre d’une planification suprarégionale, l’ensemble des besoins en eau – de l’approvisionnement en eau potable à l’agriculture, en passant par l’industrie et le secteur énergétique – doit être évalué et mis en regard des ressources disponibles dans toute la Suisse au-delà des frontières cantonales. Une planification suprarégionale permet ensuite de définir des mesures visant à pallier une pénurie d’eau. Elle peut inclure la construction d’infrastructures de rétention (bassins de rétention, mesures prises dans le cadre du concept de territoire-éponge), mais aussi une gestion coordonnée de la consommation (qui peut prélever de l’eau et à quel moment) ou des mesures visant à favoriser une irrigation économe en eau, y compris des appels à la modération auprès de la population.

Une distribution par le biais de citernes mobiles constitue une solution d’urgence à utiliser lorsque l’approvisionnement de la population en eau potable est menacé par un incident imprévisible (ruptures de conduites, contaminations, etc.). Mettre en place un approvisionnement d’urgence en raison de la sécheresse peut s’avérer judicieux dans certains cas. Ainsi, lors de la dernière canicule, certains alpages des Alpes ont été approvisionnés en eau potable à l’aide de citernes. Une canicule n’est toutefois pas imprévisible et les distributeurs d’eau devraient donc avoir déjà élaboré, dans leur planification, des mesures et solutions pour faire face à de telles périodes de sécheresse.

Le plan général d’alimentation en eau (PGA) constitue le fondement de toute stratégie de distribution d’eau. Il prend en compte les ressources disponibles, les éventuels travaux de rénovation nécessaires, la croissance démographique et beaucoup d’autres facteurs dans le but de pouvoir fournir à tout moment à la population de l’eau potable en quantité suffisante et d’une qualité irréprochable. Le PGA permet aussi de définir des mesures concrètes pour garantir la distribution d’eau potable même en période de sécheresse. Celles-ci varient fortement d’un distributeur à l’autre et dépendent des conditions et des possibilités locales. Elles peuvent aller de la mise en réseau des infrastructures à l’augmentation des capacités, voire au raccordement de nouveaux captages. De manière générale, nous recommandons à tous les distributeurs d’eau, quelle que soit leur taille, d’élaborer un PGA solide ou de revoir celui dont ils disposent afin d’être prêts à relever les défis à venir et d’identifier suffisamment tôt les investissements nécessaires. La plupart des distributeurs d’eau le font d’ailleurs déjà. SVGW met à disposition des PGA types auxquels les distributeurs d’eau peuvent se référer.

 Chaleur, réseau de distribution et qualité de l’eau potable

Conséquences de la chaleur et de la sécheresse sur les réseaux de distribution, le traitement et la qualité de l'eau potable


En Suisse, le réseau d’eau potable est principalement souterrain. Cela protège dans une certaine mesure les conduites contre les fortes hausses de température. La chaleur n’a pas d’influence directe sur les conduites d’eau. Nous ne constatons pas d’augmentation des ruptures de conduites due à la chaleur. Cette dernière a une influence sur la température de l’eau potable, ce qui peut éventuellement affecter la qualité de celle-ci, car les germes et les bactéries se multiplient plus rapidement à des températures élevées.

À notre connaissance, la chaleur ne provoque pas à elle seule davantage de ruptures de conduites. Plusieurs facteurs doivent concourir. Cela peut être dû notamment au fait que le réseau de distribution est davantage sollicité en raison de la hausse de la demande en eau potable (besoins supplémentaires de l’agriculture). Le réseau d’eau potable n’est pas conçu pour faire face à une telle augmentation simultanée de la demande (il faut acheminer davantage d’eau, ce qui entraîne davantage de coups de bélier dus aux pompes, etc.)

Si les conduites sont déjà anciennes et nécessitent une rénovation, la sollicitation accrue due à la surconsommation peut mettre le réseau à rude épreuve et entraîner des ruptures au niveau des conduites qui présentent déjà des défauts.

En entretenant le réseau et en remplaçant ou en rénovant les anciennes conduites.

Lorsque le sol s’assèche, cela peut modifier la résistance du sous-sol qui entoure les conduites, qui ne sont alors plus aussi stables. Cela peut entraîner des variations de tension et de pression, ce qui sollicite les conduites, même si elles résistent bien en règle générale. Si les conduites sont posées dans les règles de l’art, de tels incidents sont peu probables.

Les températures n’affectent pas directement la qualité de l’eau. Si l’eau potable se réchauffe dans le réseau de distribution, le risque de prolifération de germes ou de bactéries augmente à des températures élevées, car les micro-organismes se développent mieux à ces températures. D’autres facteurs sont toutefois nécessaires pour qu’une prolifération microbiologique non admise se produise. La température à elle seule ne suffit pas, mais elle constitue un facteur favorisant ce phénomène. Une eau tiède n’est plus perçue comme aussi fraîche et savoureuse, mais ne pose aucun problème du point de vue sanitaire. Pour améliorer le plaisir de boire, on peut par exemple placer une carafe d’eau au réfrigérateur avant de la consommer.

Lors des journées de forte chaleur, la consommation d’eau potable peut augmenter et entraîner d’importants pics de consommation. L’infrastructure de distribution d’eau potable n’est pas toujours conçue pour faire face à un tel surcroît de demande, ce qui peut entraîner une pénurie d’eau potable dans le réservoir et obliger la commune à lancer des appels à la modération à la population. De plus, il peut s’avérer difficile pour le distributeur d’eau de maintenir la température à 20 degrés dans le réseau de distribution. Lorsqu’il fait aussi chaud et ensoleillé que ces dernières semaines, l’eau potable peut se réchauffer dans le réseau de distribution souterrain.

Le réseau de conduites est enfoui dans le sol et donc, dans une certaine mesure, protégé du réchauffement direct. C’est notamment dans les zones urbaines, fortement imperméabilisées et qui s’échauffent donc beaucoup, que ce réchauffement peut atteindre le réseau de distribution et réchauffer l’eau potable qu’il contient. Même si l’eau sort un peu plus chaude du réservoir en plein été, ce sont surtout les «points chauds» des zones imperméabilisées qui contribuent au réchauffement de l’eau dans le réseau de distribution. Ces points chauds doivent être combattus par des mesures d’aménagement (par exemple ombrage, désimperméabilisation, etc.) et ne peuvent pas être modifiés directement par le distributeur d’eau. Ainsi, en cas de chaleur extrême et prolongée, il peut s’avérer difficile de maintenir la température à 20 °C partout et à tout moment dans le réseau de distribution.

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Laurent Roquier
Laurent Roquier

Responsable clients et membres | Responsable succursale Suisse romande


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